À notre grand regret, Eternal Strands approche déjà de son premier anniversaire, étant sorti le 28 janvier 2025 sur PC, PS5 et Xbox Series. Sauf que l’année dernière avait alors déjà démarré en trombe, et le rythme des sorties vidéoludiques folles n’a cessé de s’emballer depuis, pour nous gâter d’une quantité assez indécente d’excellents jeux. La plupart d’entre eux étaient cependant des suites, et rarement de toutes nouvelles licences. Sur ce point, on a toutefois notamment eu un certain GOTY français du nom de Clair Obscur Expedition 33 par Sandfall Interactive, ou encore Dispatch d’AdHoc Studios. 

Soit deux titres excellents, et la toute première production de leurs studios respectifs, comprenant chacun des vétérans de l’industrie. Ils partagent en ce sens un point commun avec Eternal Strands qui nous intéresse ici, et qui vaut franchement le détour si des noms comme Zelda, Shadow of the Colossus, Monster Hunter ou encore Magicka vous font vibrer. On tisse enfin un portrait élogieux de ce titre auquel on aurait aimé accorder le temps qui lui incombait à sa sortie en début d’année dernière. 

Partir à l’aventure dans Eternal Strands et laisser la magie opérer

Comme son nom peut le suggérer, Eternal Strands nous place dans la peau de Brynn, une Tisseuse, ou en d’autres termes une magicienne, capable de refaçonner la fabrique de la réalité. Après avoir fui sa famille du fait de ses capacités magiques très mal vues par son peuple, elle trouva refuge auprès d’une troupe d’aventuriers disposant des mêmes pouvoirs qu’elle. Il leur manquait justement un éclaireur pour les aider à trouver l’Enclave, le foyer ancestral des Tisseurs, perdu dans l’histoire et derrière un voile nimbé de mystères et de dangers mortels. Notre héroïne doit donc faire ses preuves pour gagner ses galons au sein de cette famille de substitution composée de personnages tous plus attachants les uns que les autres, et cela va l’emmener dans une grande, mais aussi périlleuse, aventure. 

Eternal Strands
Une grande aventure attend Brynn et sa compagnie de Tisseurs. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Voici en substance le synopsis d’Eternal Strands qui va nous emmener à travers les différentes régions de l’Enclave pour en découvrir les nombreux mystères, développer nos capacités magiques et affronter maints dangers plus ou moins imposants. En soi, l’histoire du jeu reste suffisamment intéressante pour nous motiver à progresser, avec quelques plot-twists intrigants, sans toutefois non plus casser des… briques jaunes. Ce qui est en revanche dommage, c’est que la plupart des développements du scénario se font via des dialogues rendus sous forme de dessins en 2D (aussi jolis soient-ils) où Brynn et sa troupe conversent. Cela a malheureusement tendance à casser un peu le rythme et à rendre plus laborieux l’exercice de s’immerger dans l’univers du jeu. 

Fort heureusement, l’exploration de l’Enclave va nous gâter d’environnements très variés et colorés affichant une bien belle direction artistique, qui rappelle à s’y méprendre un mélange entre les derniers jeux Zelda ou encore Immortals Fenyx Rising. Ce qui n’est pas vraiment surprenant sur ce dernier point, Yellow Brick Games comportant après tout d’anciens développeurs d’Ubisoft. L’ensemble s’avère en tout cas assez peu gourmand et tourne donc comme un charme tant sur consoles que sur un PC relativement modeste, ou encore sur des appareils hybrides comme le Steam Deck.

Eternal Strands Direction Artistique
Le jeu nous gâte tout au long de l'aventure de bien jolis décors. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Un gameplay tissé de bonnes idées

L’aventure d’Eternal Strands, parlons-en justement, puisque c’est clairement le plus gros point fort du jeu, et qui va nous occuper le plus clair de notre temps. Sur ce plan, on a en effet droit à un action-aventure de très solide facture qui nous fera évoluer dans plusieurs grandes régions ouvertes (et non un seul et unique monde ouvert). Au début, Brynn partira avec son armure de base, une épée, un bouclier et quelques pouvoirs magiques lui permettant de faire léviter des petits objets et créer des murs de glace. Rien qu’avec cet équipement de base, on peut déjà commencer à entrevoir l’énorme potentiel du gameplay du titre de Yellow Brick Games.

Grâce à la magie et d’autres pouvoirs qu’on va débloquer plus tard, comme la capacité de cracher des flammes ou d’autres sorts en lien avec le feu, le froid et la gravité, le monde du jeu devient un véritable bac-à-sable propice aux expérimentations magiques. On peut par exemple brûler la base d’un arbre pour en fait un pont, soulever des rochers pour frapper nos ennemis ou créer des plateformes, ou encore bloquer la bouche d’une créature crachant du feu avec de la glace, ou au contraire réorienter lesdites flammes vers des adversaires adjacents. 

Eternal Strands Combat Elements
Les combats finissent par devenir de véritables déferlements d'effets magiques. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Eternal Strands propose donc ce qu’on appelle un gameplay émergeant, ou immersive sim, véritablement plaisant s’agissant de l’utilisation de la magie, qu’on aurait toutefois aimé plus étoffé en terme de nombre de sorts disponibles. Malgré une certaine diversité des capacités de Brynn, celles-ci se limitent en effet à seulement trois « éléments ». L’avantage est toutefois que les développeurs sont allés à fond dans les possibilités que ces sorts offrent dans l’exploration et le combat. Concernant justement des affrontements plus conventionnels avec des armes, le constat est un peu moins enthousiasmant. Cet élément du gameplay du jeu est en effet relativement basique avec coup léger, coup lourd et capacité spéciale de l’arme qu’on porte, qui se décline en épée/bouclier, arc et arme à deux mains. Là encore, le titre de Yellow Brick Games pêche un peu en termes de diversité d’options offertes. 

Eternal Strands Roue Armes Pouvoirs
On peut toutefois regretter un léger manque de diversité dans l'arsenal d'armes et de pouvoirs à notre disposition. © Geralt de Reeves pour Gameblog

C’est du moins ce qu’on peut relever en s’arrêtant à une évaluation en surface d’Eternal Strands. Le titre cache en effet une certaine profondeur une fois qu’on progresse assez loin. Au bout de quelques heures, l’expérience aboutit en effet vers une dynamique qui a particulièrement plu à votre serviteur, car adresse un petit clin d’œil à une franchise qui m’est très chère : Monster Hunter. Même si, là encore, quelques petits regrets demeurent.

Tisseur Hunter contre de véritables colosses

En-dehors des affrontements contre un bestiaire relativement limité, composé de diverses petites créatures et d’espèces d’anciens automates faisant office de gardiens de l’Enclave, le cœur de la partie action du gameplay d’Eternal Strands va en effet impliquer pour Brynn de se frotter à de gigantesques adversaires. Ces ennemis imposants entrent ainsi également dans l’une ou l’autre catégorie, avec des comportements forcément différents en fonction. En revanche, ils partagent tous un point commun : il faudra détruire des points faibles spécifiques afin d’en extraire l’essence magique et renforcer nos propres pouvoirs. Les combattre de manière conventionnelle va en effet prendre un temps inutilement long, avec des récompenses plus limitées. Le parallèle avec Shadow of the Colossus prend donc tout son sens, puisqu’il faudra escalader ces monstres colossaux pour atteindre lesdits points faibles. 

Eternal Strands Boss Shadow Colossus
Les affrontements contre les boss font toujours leur petit effet, même s'ils deviennent un peu répétitifs quand on connaît la marche à suivre. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Venir à bout de ces adversaires permettra non seulement de développer les capacités de Brynn, mais octroiera aussi divers matériaux à utiliser dans un système d’artisanat assez conséquent. C’est donc là que la dynamique Monster Hunter d’Eternal Strands prend tout son sens. Pour améliorer notre équipement, il faudra donc parfois mener des expéditions dans des régions données de l’Enclave, ramasser des ressources dans la nature ou récolter des composants sur les ennemis terrassés, puis rentrer à notre camp pour les échanger avec ses différents artisans. 

Il sera ainsi possible à terme de créer différents sets d’équipements dans Eternal Strands, qui renforceront par exemple l’efficacité de nos attaques de type feu, glace ou gravité, ou à l’inverse améliorer notre résistance face auxdits éléments. Malgré une certaine limitation dans l’arsenal de base du jeu, il compense donc cet écueil avec une certaine richesse s’agissant des différentes options offertes pour équiper Brynn. De même, au fil du jeu, on pourra récupérer des ressources de plus en plus rares offrant accès à des équipements plus puissants, mais aussi la possibilité d’améliorer l’efficacité de ce qu’on a déjà débloqué. Le sentiment de progression se montre donc tout à fait satisfaisant, et le challenge des régions les plus avancées de l’Enclave évoluera de manière naturelle en même temps que les capacités martiales et magiques de Brynn. 

Eternal Strands Dragon Gel
On a également des créatures plus animales pour varier les plaisirs et les approches. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Eternal Strands propose donc une aventure globalement bien équilibrée où l’on progresse avec enthousiasme vers un final assez épique, en compagnie d’une Brynn plus confiante dans la maîtrise de ses pouvoirs, à l’instar du joueur dans sa compréhension des différentes mécaniques du titre. C’est alors une bonne trentaine d’heures de jeu et de plaisir qui vous attendent si vous comptez profiter pleinement du jeu et exploiter au maximum la dynamique Monster Hunter/Shadow of the Colossus du titre de Yellow Brick Games. Soit une durée de vie très correcte, sans être artificiellement gonflée outre mesure.